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"Je suis le pain vivant"

« Moi, je suis le pain vivant (…) c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Jean 6, 51-58

Commentaire : 

 

Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Quel mystère ! Ces paroles de Jésus sont d'un réalisme insoutenable pour ceux qui ne savent pas ce que Jésus a réalisé à la Cène : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Mais pour les juifs, il y a plus encore car en parlant ainsi, Jésus se mettait « hors la Loi » à leurs yeux : de tous temps, le sang même celui des animaux – a fortiori celui d’un homme - a été interdit de consommation ! (Lévitique 7, 26-27). Pour un juif, le sang c’était la vie. Et la vie était réservée au Seigneur (Gn.9, 1). Quant à l’anthropophagie, elle est tellement impensable pour un juif que le Lévitique n’estime même pas nécessaire d’en faire mention parmi ses interdictions : image de Dieu, l’homme est « sacré ». Jésus va jusqu’au réalisme le plus total dans son incarnation dans le pain Eucharistique : il ne dit plus « qui mange de ce pain », mais « qui me mange » !

Cela nous renvoie la question : où en suis-je de ma foi en la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie ? Suis-je bien conscients de ce que je fais chaque fois que je vais communier ?

Jésus nous parle d'un pain « vivant ». Ce pain nous communique la vie éternelle. « qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle … et je le ressusciterai au dernier jour ». En comparant sa chair avec la manne (Ex 16), Jésus nous donne une clé pour pénétrer et mieux approfondir le mystère de son Eucharistie. Comme les hébreux avaient besoin de la manne dans le désert hostile où ils vivaient, ainsi avons-nous besoin de l'Eucharistie dans ce monde dur et païen qui est le nôtre. « D'un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, marqué si souvent par une consommation effrénée, par l'indifférence religieuse, par une sécularisation fermée à la transcendance, peut sembler être un désert non pas moins dur que le (désert) « grand et épouvantable » (Dt 8, 15) dont parle la première lecture tirée du Deutéronome. Au peuple juif en difficulté, Dieu vient en aide par le don de la manne, pour lui faire comprendre que « l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur » (Dt 8, 3). » (Benoît XVI à Bari en 2005) Mais là où s’arrête la comparaison, c’est que la manne est pour la vie terrestre et n’empêche pas de mourir. En revanche, qui mange la « chair » du Christ, lui, « vivra à jamais ».

Pouvons-nous dire comme les chrétiens d'Abitène qui, en l'année 304, furent surpris un dimanche en train de célébrer l'Eucharistie en défiant les interdits impériaux : « Sans la messe dominicale, nous ne pouvons pas vivre ! » ?


> Lire le chapitre 6 de l'évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 

 

Méditation proposée par la communauté des Serviteurs de Jésus et Marie à Chriry- Ourscamp. Il y a deux méditations proposées dans le mois.