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Il faut lever les voiles !

« Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. » (Hb 4, 15-16)

Commentaire : 

 

Le vendredi saint, lors du dévoilement de la Croix, à trois reprises, nous plions le genoux en signe d'adoration du Seigneur Jésus. En fait, le voile à ôter n'est pas tant sur la Croix que devant nos yeux. Il y a quelques années, des responsables chrétiens s'adressèrent à une agence de publicité pour savoir comment mieux présenter le message chrétien. On leur conseilla d'éliminer le symbole de la croix, réputé trop démodé et trop triste ! Quelle incompréhension !

Le premier voile à enlever est certainement celui qui concerne notre culpabilité. Sur la Croix, nous pouvons lire l'abîme du péché, et pas seulement du péché des hommes en général mais de mes péchés personnels. La croix de Jésus devient “pour moi” à partir du moment où je me reconnais pécheur. Autrement, Jésus est mort pour rien.

Mais ne voir que ma culpabilité dans la croix de Jésus serait insupportable si au « pourquoi » de la Croix, il n'y avait pas un « pourquoi » plus fondamental qui est celui de l'amour de Dieu. C'est ce deuxième voile qu'il importe d'enlever. La croix nous révèle un amour plus fort que le péché. Elle nous dit l’amour de Dieu pour nous ; elle nous dit combien nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Pourquoi est-il mort pour nos péchés ? Parce qu'il nous aimait ! « Il nous a aimés et c'est pourquoi il s'est livré pour nous." (Ep 5, 2 ; cf. Ga 2, 20 ; Ep 5, 25)

Un troisième voile est celui du sens de la souffrance. Ce voile ne peut être retiré qu'après les deux premiers. En effet, tant que je me considère juste, innocent, j'estime que moi-même et le monde entier sommes victimes d'une douleur disproportionnée. Du coup, j'accuse Dieu. Je suis incapable de voir que Dieu est bien loin d'être indifférent à ma souffrance. Son cœur s'émeut au-dedans de lui, ses entrailles frémissent de compassion (cf. Os 11, 8) ! De fait, c'est nous qui faisons souffrir Dieu et non pas Dieu qui nous fait souffrir. Mais nous avons dénaturé cette vérité, au point de nous demander, après chaque nouvelle calamité : "Où est Dieu ? Comment Dieu peut-il permettre tout cela ?"

Comme le dit magnifiquement le Concile Vatican II : « C'est par le Christ et dans le Christ que s'éclaire l'énigme de la douleur et de la mort qui, hors de son Évangile, nous écrase. » (Gaudium et spes n°22 § 6) La souffrance ne peut devenir supportable que lorsqu'elle est pénétrée par la lumière de l'amour. (cf. Benoît XVI Spe salvi n° 38)

Il est grand le mystère de la foi ! Que la Vierge Marie qui était debout au pied de la Croix nous obtienne d'enlever ces trois voiles.
 

 

Source de l'image : http://idata.over-blog.com/0/31/61/78/evangile-et-peinture

Méditation proposée par la communauté des Serviteurs de Jésus et Marie à Chriry- Ourscamp. Il y a deux méditations proposées dans le mois.