Logo diocèse de Beauvais
Soutenir l'Eglise

A l’attention de la congrégation des soeurs de La Sainte Croix de Jérusalem

Dans une lettre fraternelle envoyée depuis Taybeh à l’approche de la Semaine sainte, les sœurs de la Communauté de la Sainte Croix de Jérusalem partagent leur communion spirituelle avec les chrétiens d’Occident, malgré le décalage des calendriers. Elles témoignent avec pudeur et espérance des épreuves traversées par la population en Terre Sainte, où l’église demeure un refuge essentiel. Porté par la foi en la résurrection du Christ, leur message exprime une confiance profonde dans la victoire de la paix et de la justice, ainsi qu’une vive reconnaissance pour le soutien spirituel reçu. Cette lettre à été remise par les soeurs de Boran.

Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin souhaite faire part au diocèse de sa réponse et invite les paroissiens à prier plus intensément pour cette congrégation dans cette période chaotique.

Mes chères Soeurs,

J’ai reçu avec joie et reconnaissance votre message, malgré sa gravité et la souffrance dont il se fait l’écho.
L’actualité place le Moyen-Orient, et d’une manière particulière Israel, la Cisjordanie, Gaza et le Liban, sur le devant de la scène. Les faits de guerre, avec ce qui nous en parvient quotidiennement et les conséquences concrètes qu’ils ont dans vos vies et celles de tous les habitants, renouvellent notre prière pour vous. Nous demandons au Prince de la Paix (Celui qui est venu réconcilier tous les êtres humains avec Son Père et entre eux) que vous teniez humblement et fidèlement fermes dans le témoignage de votre foi, de votre proximité et d’espérance vis à vis des populations qui vous entourent.
Nous savons que les célébrations pascales peuvent être ou sont impactées par « les sonneries, les alertes, les bruits des explosions lors des interceptions. » Vous voila appelées à porter le cri des hommes en priant au nom et pour celles et ceux pour qui prier est plus difficile encore, voir impossible. Et le Psaume 30 vient à notre esprit et sur nos lèvres :

« En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ; garde-moi d’être humilié pour toujours. Dans ta justice, libère-moi ;

Écoute, et viens me délivrer. Sois le rocher qui m’abrite, la maison fortifiée qui me sauve.

Ma forteresse et mon roc, c’est toi : pour l’honneur de ton nom, tu me guides et me conduis.

Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ; oui, c’est toi mon abri.

En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

Je hais les adorateurs de faux dieux, et moi, je suis sûr du Seigneur.

Ton amour me fait danser de joie : tu vois ma misère et tu sais ma détresse.

Tu ne m’as pas livré aux mains de l’ennemi ; devant moi, tu as ouvert un passage.

Prends pitié de moi, Seigneur, je suis en détresse. La douleur me ronge les yeux, la gorge et les entrailles.

Ma vie s’achève dans les larmes, et mes années, dans les souffrances. Le péché m’a fait perdre mes forces, il me ronge les os.

Je suis la risée de mes adversaires et même de mes voisins, je fais peur à mes amis * (s’ils me voient dans la rue, ils me fuient).

On m’ignore comme un mort oublié, comme une chose qu’on jette.

J’entends les calomnies de la foule : de tous côtés c’est l’épouvante. Ils ont tenu conseil contre moi, ils s’accordent pour m’ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! »

Mes jours sont dans ta main : délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent.

Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ; sauve-moi par ton amour.

Seigneur, garde-moi d’être humilié, moi qui t’appelle. [Mais qu’ils soient humiliés, les impies ; qu’ils entrent dans le silence des morts !

Qu’ils deviennent muets, ces menteurs, car ils parlent contre le juste avec orgueil, insolence et mépris.]

Qu’ils sont grands, tes bienfaits ! Tu les réserves à ceux qui te craignent. Tu combles, à la face du monde, ceux qui ont en toi leur refuge.

Tu les caches au plus secret de ta face, loin des intrigues des hommes. Tu leur réserves un lieu sûr, loin des langues méchantes.

Béni soit le Seigneur : son amour a fait pour moi des merveilles dans la ville retranchée !

Et moi, dans mon trouble, je disais : « Je ne suis plus devant tes yeux. » Pourtant, tu écoutais ma prière quand je criais vers toi.

Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles : le Seigneur veille sur les siens ; mais il rétribue avec rigueur qui se montre arrogant.

Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur ! » 

Nous voulons croire que le Seigneur sait trouver des voix singulières et efficaces pour rejoindre celles et ceux qui Lui ouvrent leurs coeurs et se tournent vers Lui, en ces circonstances difficiles.
Bien sûr, nous espérons que la raison, le dialogue et l’attention aux pauvres (d’abord tous les civils) vont prévaloir … et nous espérons que ça ne tardera plus longtemps (?!!)
En ces jours saints, nous vous assurons de notre prière.
Que le Seigneur Ressuscité vous rejoigne comme il a rejoint le coeur aimant des Saintes femmes, près du Tombeau. »
+ Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis