Santa Marta : quand l’action climatique dépasse les blocages diplomatiques
28-29 avril 2026 — La Colombie et les Pays-Bas organisent la première conférence mondiale entièrement dédiée à l’abandon des combustibles fossiles.
Téléchargement du Manifeste et de la Réflexion Théologique Catholique sur la proposition d’iniative en faveur d’un traité sur les combustibles fossiles en bas d’article.
Un tournant historique pour la transition énergétique
Alors que les négociations climatiques internationales semblent enlisées dans des blocages persistants, une nouvelle initiative vient bousculer l’ordre établi. À Santa Marta, en Colombie, se réunit pour la première fois une conférence internationale consacrée exclusivement à l’abandon des énergies fossiles. Un événement qui marque bien plus qu’une simple étape supplémentaire : il incarne un changement de stratégie face aux impasses du multilatéralisme traditionnel.
Les racines de Santa Marta : les leçons de Belém
Pour comprendre l’importance de cette conférence, il faut revenir à la COP30 de Belém. Lors de cet événement majeur, plus de 80 pays avaient exprimé leur soutien à une feuille de route pour la transition hors des énergies fossiles. Un consensus impressionnant. Et pourtant, ce texte n’a pas survécu jusqu’à l’accord final.
Pourquoi ? À cause du droit de veto détenu par les États producteurs de pétrole et de gaz — ces « pétro-États » qui bloquent toute avancée ambitieuse au sein du cadre onusien. Face à cette paralysie institutionnelle, la communauté internationale a dû inventer une nouvelle approche.
Santa Marta : agir avec les convaincus
L’ambition de Santa Marta est radicalement différente des négociations traditionnelles. Elle ne cherche pas à convaincre les réticents, mais à agir avec ceux qui sont déjà décidés. Une stratégie pragmatique qui contourne les blocages en créant une plateforme d’action alternative et résolument tournée vers des résultats concrets.
Cette approche bénéficie d’un contexte juridique inédit. En 2025, la Cour internationale de justice a rendu un jugement historique : elle a confirmé l’obligation juridique des États à protéger le climat. Un fondement légal qui donne un ancrage solide à cette initiative nouvelle.
Le soutien du Brésil — pays hôte de la COP30 — constitue également un élément clé, démontrant que les grandes nations émergentes du Sud Global s’engagent résolument dans cette transition.
Un traité ambitieux pour les énergies fossiles
L’objectif concret de la conférence est de poser les fondations d’un traité sur les énergies fossiles incluant :
- Des trajectoires de sortie planifiées et crédibles
- Une différenciation selon les contextes nationaux et capacités économiques
- L’ancrage dans une logique de justice climatique — reconnaissant que les pays du Sud n’ont pas la responsabilité historique des émissions des pays industrialisés
Ce traité n’est que le premier jalon d’une plateforme intergouvernementale durable consacrée à la transition post-fossile. En d’autres termes, Santa Marta crée un nouvel espace institutionnel capable de progresser là où les négociations traditionnelles stagnent.
Une voix morale pour amplifier le message
En complément, une « Réflexion Théologique Catholique sur la proposition d’iniative en faveur d’un traité sur les combustibles fossiles » est
Un nouveau modèle pour l’action climatique ?
Santa Marta pose une question fondamentale : la diplomatie multilatérale classique est-elle l’outil approprié pour agir face à l’urgence climatique ? Cette conférence suggère une réponse nuancée. Oui, peut-être, mais en acceptant de contourner les blocages par la création de coalitions résolues et inclusives, où le progrès n’est pas entravé par le veto de quelques États.
C’est une approche qui dit : nous n’attendrons pas l’unanimité. Nous agissons ensemble, avec ceux qui partagent notre détermination, et nous construisons un cadre institutionnel capable d’avancer sans relâche.
Dans un contexte où chaque degré supplémentaire de réchauffement aura des conséquences catastrophiques, en particulier pour le Sud Global déjà le plus vulnérable, cette stratégie nouvelle offre un rayon d’espoir. Elle reconnaît que l’action climatique, c’est aussi un acte de foi — foi en la capacité de l’humanité à se transformer, foi en la responsabilité de chacun envers l’autre et envers notre planète partagée.
Pour suivre les développements de la conférence de Santa Marta et le Manifeste des conférences épiscopales, consultez les communiqués officiels et les ressources théologiques mises à disposition par les acteurs impliqués.
Article publié avec l’accord de Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin.

