Logo diocèse de Beauvais
Soutenir l'Eglise

Dieu ne se lasse jamais de pardonner ! Dossier écho mars 2026

Dieu ne se lasse jamais de pardonner !

Le Bon Dieu est bien plus pressé de nous pardonner que nous ne le sommes d’aller nous confesser.

St Jean-Marie Vianney

L’expertise

Le sacrement de la Réconciliation : repères pour une pratique juste et sûre

À la suite du rapport de la CIASE, plusieurs textes ont été votés par les évêques de France en Assemblée plénière, notamment à Lourdes le 9 novembre 2024, afin de promouvoir des pratiques pastorales justes et sûres. Ils ont également été travaillés par le Conseil presbytéral de notre diocèse. Le texte ci-après, fondé sur les repères pour les confesseurs promulgués par notre évêque le 21 avril 2025, est présenté afin d’en partager l’esprit et d’en favoriser la réception.

Le sens du sacrement de la Réconciliation
La confession est une rencontre avec la miséricorde de Dieu. Elle renouvelle la grâce du baptême et invite chacun à se laisser rejoindre par l’amour de Dieu, plus fort que le péché. Le prêtre est serviteur de la Parole, qui éclaire la c o n s c i e n c e et ouvre un chemin de conversion.

Un cadre clair et protecteur
La confession concerne la relation la plus personnelle entre une personne et Dieu. Tout ce qui y est confié demeure strictement secret : le prêtre ne peut jamais redire, utiliser ou évoquer ce qui a été dit en confession, quelles que soient les circonstances. Ce cadre protège la liberté de parole du pénitent et la confiance nécessaire à cette démarche. La confession se célèbre dans un lieu de culte adapté, de manière visible, et jamais dans un espace privé du prêtre. Elle a lieu habituellement en journée, dans un climat paisible, sans pression émotionnelle, et ne doit pas se transformer en un temps d’accompagnement prolongé. Le prêtre porte les signes de sa mission, au minimum l’étole.

L’attitude du confesseur
Le confesseur écoute avec respect et sobriété. Le dialogue pastoral reste distinct de toute démarche thérapeutique. Il est essentiel, aussi, de distinguer l’accompagnement spirituel du sacrement de la Réconciliation.

Une exigence de formation
Le texte insiste sur la formation des prêtres et sur la formation et l’information des fidèles, afin que tous puissent pratiquer et vivre le sacrement de la Réconciliation dans la confiance et la justesse.

Téléchargez le document REPERES POUR LES CONFESSEURS 

Le dossier

La joie d’un rendez-vous de miséricorde

À chaque Carême, l’Église nous invite à faire un pas de plus sur le chemin de la conversion. Parmi les démarches proposées, le sacrement de la Réconciliation tient une place particulière. Il fait partie de ces trésors de la foi chrétienne que l’on a besoin de redécouvrir : non parce qu’ils sont difficiles à comprendre, mais parce que le cœur se fatigue, se distrait ou s’éloigne. En ce temps de Carême, et à travers les propositions offertes en paroisse, puissions-nous redécouvrir la joie simple et profonde de cette démarche de pardon et de vie nouvelle.

Une joie à redécouvrir
La confession est vraiment un sacrement de joie : la joie de se savoir aimé malgré tout, la joie de repartir avec la certitude que Dieu ne se lasse jamais de pardonner. Oser la confession, c’est se laisser aimer tel que l’on est. Même si l’on revient avec les mêmes fragilités, on y va quand même, parce que la miséricorde de Dieu ne s’use pas. Elle nous remet debout et nous apprend à marcher humblement avec Dieu et avec les autres, aujourd’hui et bien au-delà du Carême…

La confession : un sacrement de lumière et de paix
Se confesser, ce n’est donc pas « aller se faire gronder », ni passer un examen sous pression. C’est un sacrement, un signe concret par lequel Dieu agit dans notre vie. Dans ce sacrement, Dieu ne pardonne pas « de loin » : il vient nous rejoindre là où nous en sommes, avec nos fragilités et nos chutes, pour nous relever et nous remettre en route. On peut se dire : « Je peux très bien demander pardon directement à Dieu ». C’est vrai. Mais Jésus a voulu que le pardon passe par un geste visible, par une parole humaine, par l’Église. Entendre « Je te pardonne tous tes péchés » prononcé à voix haute par le prêtre change quelque chose : le pardon devient concret.

Oser dire, sans avoir peur
Beaucoup hésitent à venir par crainte : peur de dire toujours la même chose, peur du regard du prêtre, peur de ne pas savoir quoi dire. Il est bon de se rappeler que, dans la confession, on ne commence pas par ses fautes. On commence par confesser l’amour de Dieu, sa miséricorde déjà à l’œuvre dans notre vie. C’est à cette lumière que l’on peut ensuite reconnaître ses péchés, non pour se condamner, mais pour se laisser relever. Il ne s’agit pas de tout raconter en détail, mais de dire vrai, simplement, avec les mots que l’on peut. Dans la confession, on n’est pas jugé : on est accueilli. Le prêtre est là pour écouter avec bienveillance, aider à relire sa vie à la lumière de l’Évangile et transmettre le pardon de Dieu. Tout ce qui est confié demeure strictement secret. Dans ce climat de confiance, le sacrement nous remet debout et nous ouvre un avenir.

Comment vivre concrètement la confession ?
La préparation peut être simple : un temps de silence éclairé par la Parole de Dieu, une prière à l’Esprit Saint et la relecture de sa vie dans sa manière d’être et d’agir envers Dieu, les autres et soi-même. On ne confesse ni son conjoint, ni son voisin, ni son collègue : on se confesse soi-même ! Pendant la confession, on parle simplement, sans crainte. Après l’absolution, le geste ou la parole de pénitence aide à poser un acte concret pour avancer.

Une grâce pour repartir
Le sacrement de la Réconciliation n’efface pas magiquement les difficultés de la vie, mais il donne une grâce : celle d’être relevé et réconcilié. Il ouvre un chemin nouveau et permet d’avancer en paix. L’Église invite chaque chrétien à s’en approcher au moins une fois par an et encourage une confession régulière pour grandir dans la foi et progresser sur le chemin de la conversion. S’approcher du sacrement de la Réconciliation, c’est accueillir la joie d’un Dieu qui relève et remet en route…

P. Philippe Montier

Témoignage de père Benoît Lecointe

Mission pénitencerie

« La pénitencerie est un service discret mais essentiel de la vie diocésaine », explique le père Benoît Lecointe. Le droit de l’Église demande à chaque évêque d’établir un service diocésain de la pénitencerie, placé sous la coordination d’un chanoine pénitencier, chargé de promouvoir le sacrement de pénitence et de réconciliation dans la vie pastorale et la pratique des fidèles.

Récemment nommé, le père Benoît entre progressivement dans cette mission. Il s’agit notamment d’accompagner les confesseurs dans leur pratique pastorale et morale, en particulier pour l’accueil de situations humaines ou spirituelles complexes.

La pénitencerie est aussi appelée à intervenir dans la formation continue des ministres et des fidèles, en tenant compte de la diversité culturelle des confesseurs et des pénitents. Le sacrement de la Réconciliation restant trop peu connu, une attention particulière est portée à sa présentation et à l’annonce des horaires et des lieux de confession.

Le chanoine pénitencier conseille aussi l’évêque dans le discernement pastoral et peut être un interlocuteur pour les fidèles en cas d’attitudes problématiques d’un confesseur. En lien avec la pastorale liturgique, des outils commencent à être proposés pour aider chacun à vivre ce sacrement dans la joie et la paix.