Dossier Echo mai 2026 : Un an de pontificat de Léon XIV : un pasteur, une boussole
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Élu en 2025, le pape Léon XIV a rapidement donné un ton : une parole simple, évangélique, et une attention constante aux périphéries – spirituelles, sociales, culturelles. Pour les fidèles, ces premiers mois invitent à regarder Rome non comme un lointain
centre administratif, mais comme un cœur qui encourage la mission locale.
Des prises de parole qui dessinent une ligne
En un an, plusieurs accents reviennent. D’abord la centralité du Christ : Léon XIV insiste sur une Église qui ne se réduit ni à une organisation ni à un débat d’opinions, mais qui reçoit sa vie de l’Évangile. Ensuite la paix, une paix désarmée et désarmante, demandée avec constance, sans naïveté : il invite à “désarmer les mots”, à protéger les civils et à soutenir les artisans de réconciliation. Enfin la dignité des pauvres : ses appels rappellent que la charité n’est pas une option, mais un lieu de vérité pour la foi.
“Dilexi te” : de quoi s’agit-il ?
Avec Dilexi te, Léon XIV a donné un texte majeur de ce début de pontificat : un appel à ne jamais séparer la foi de l’amour concret, spécialement envers les pauvres et ceux qui souffrent. Dans une époque où l’on oppose vite prière et engagement, doctrine et compassion, ce texte redit l’unité : rencontrer le Christ conduit à servir le frère, et servir le frère nous conduit au Christ.
Quel impact pour les diocèses de France ?
Pour nos diocèses, l’enjeu n’est pas de “copier un style” romain, mais de recevoir une impulsion. Léon XIV encourage une Église missionnaire, capable de proposer la foi clairement, sans peur, tout en avançant avec humilité. Pour tout un chacun, cela peut rejoindre des questions très concrètes : comment mieux accueillir, former, visiter, transmettre ? Comment soutenir les personnes isolées, les familles fragiles, les jeunes en recherche ?
Une mission pour tous.
Un an après l’élection, une conviction s’impose : ce pontificat invite chacun à passer de la simple observation à une participation plus confiante à la mission de l’Église.
Pascaline Laprun
L’expertise
Léon XIV, un an de pontificat

D’abord, l’unité de l’Église. Le jour de son élection, depuis la loggia, il affirmait : « Aidons-nous les uns les autres à construire des ponts […] en nous unissant tous pour être un peuple unique ». Léon est un pontife, un faiseur de pont, par la variété de
ses voyages, de la riche Principauté de Monaco à la nécessiteuse Afrique, du politique Liban à l’héroïque Lampedusa. De même, les échanges avec les autres religions n’ont pas manqué pour un pape qui a explicitement affirmé comme son « devoir prioritaire la recherche du rétablissement de la pleine et visible communion » entre les chrétiens.
Cette communion se manifeste dans son rapport à la Curie : si les nominations restent globalement dans la
ligne de son prédécesseur, le pape semble vouloir décloisonner le fonctionnement « en silos » de la Curie. En interne, on note que Léon fait confiance à ceux qui l’entourent, et qu’il est soucieux de soigner ses collaborateurs. De ce point de vue, l’heure est donc à la décrispation, ce qui est aussi vrai à propos de la sensible question liturgique.
Enfin, troisième priorité : un monde réconcilié. Le pape ne pouvait imaginer qu’après quelques mois, le monde traverserait de telles crises géopolitiques. Léon reste fidèle à la ligne diplomatique traditionnelle du SaintSiège, qui promeut le multilatéralisme et le dialogue à tout prix, contre la nouvelle diplomatie des hommes forts et du deal.
En bref, le nouveau pape conserve et promeut les intuitions prophétiques de son prédécesseur, mais il les « ecclésialise » : il les enracine dans le concret de la vie de l’Église, et il reste surtout soucieux de la centralité du Christ et de la mission d’évangélisation : « L’Église est fondamentalement tournée vers l’extérieur, comme le sont la vie, la passion, la mort et la résurrection de Jésus ».
Père Martin Pinet