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« On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort ».

Résumé de la tribune des évêques de France sur la fin de vie

Paris, le 15 janvier 2026

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Un refus sans équivoque

Les évêques de France s’opposent à la proposition de loi instituant un « droit à l’aide à mourir » qui sera examinée par le Sénat. Ils expriment leur respect pour les personnes confrontées à la fin de vie et reconnaissent les angoisses légitimes face à la souffrance et à la perte d’autonomie. Ces peurs appellent des réponses humaines et médicales appropriées.

La voie française, un modèle à préserver

Depuis vingt-cinq ans, la France a choisi de refuser à la fois l’acharnement thérapeutique et la mort provoquée, en affirmant le droit de ne pas souffrir et le devoir d’accompagner la vie jusqu’au bout. Cette « voie française », fondée sur les soins palliatifs, la parole du patient et la sédation profonde, constitue une approche cohérente. Les soignants témoignent que la prise en considération globale de la personne entraîne quasiment toujours la disparition des demandes à mourir. Derrière une demande de mort se cache souvent un désir de vivre.

Une loi inutile face à un vrai problème

Les évêques interrogent la nécessité d’une nouvelle loi. Si l’on « meurt mal en France », ce n’est pas par absence d’euthanasie légale, mais parce que la loi existante est insuffisamment appliquée et que l’accès aux soins palliatifs demeure très inégal, avec près d’un quart des besoins non couverts. Comment proposer la mort comme option quand l’accès effectif aux soins n’est pas garanti pour tous ?

Le piège des mots détournés

Ils dénoncent un brouillage dangereux du langage : présenter l’euthanasie comme un acte de soin détourne les mots de leur véritable sens. « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort », affirment-ils.

Dignité, liberté, fraternité : des valeurs trahies

Les évêques refusent l’instrumentalisation de notions essentielles. La dignité humaine est inhérente à chaque personne, inaliénable, indépendante de son état de santé. La liberté ne peut être pensée sans considérer l’impact de la souffrance et de la pression sociale sur le discernement. Elle risque de devenir une pression silencieuse pour les plus fragiles qui pourraient se sentir inutiles ou représenter un poids. La fraternité ne consiste pas à hâter la mort mais à ne jamais abandonner ceux qui souffrent et à développer les soins palliatifs.

Un choix de société décisif

Les évêques appellent les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique et éthique de leurs votes. Ils relaient les inquiétudes de nombreux malades, personnes en situation de handicap et soignants qui seraient en première ligne. Le vote engage un choix de société sur le sens même de la vie et de la mort. Une société grandit en se mobilisant pour accompagner la fragilité et protéger la vie jusqu’au bout, non en proposant la mort comme solution.