Echo – Magdala
Article paru dans la revue diocésaine écho (déc. 2020)
Mission Magdala – Des jeunes au service des paroisses de notre diocèse
Elle a le feu, Marion Maillard. Le feu de la mission. En septembre 2020, la jeune femme de 21 ans étudiante en médecine décide de prendre une année au service des paroisses rurales de l’Oise (elle vient de Senlis), après une année de pèlerinage autour des cathédrales de France écourtée par le covid. La « Mission Oise Ruralité » (aujourd’hui Mission Magdala) voit le jour. Installée à Attichy dans l’ancien prieuré des frères de saint Jean, elle a pu vivre une semaine de mission avec une binôme dans la paroisse de Chaumont-en-Vexin, avec le père Romain Virthe. « L’archétype de la paroisse rurale, avec un curé seul pour 47 clochers », précise Marion. « On a fait du porte à porte tous les jours. On vient au nom de la paroisse pour inviter les gens à des événements que nous organisons le soir : ciné-débat, conférence, veillée de prière etc… Avec le télétravail, les gens sont très présents chez eux, on ne voit pas seulement des personnes âgées ». Beaucoup de portes se referment assez vite bien sûr, mais parfois l’Esprit Saint s’invite de manière plus manifeste. Comme ce jour où les deux jeunes femmes frappent sans bien savoir pourquoi à la porte d’une maison aux volets fermés. « Nous avons rencontré un jeune qui a accepté de venir à la soirée ciné, puis à la conférence, puis à la veillée de prière. A la fin de celle-ci, il a témoigné qu’il était touché, qu’il lisait parfois la Bible que son grand-père lui avait donnée mais qu’il ne savait pas quoi en faire. Le père Romain lui a demandé s’il voulait être baptisé et le jeune a dit oui. C’était un bel encouragement du ciel pour nous », se souvient Marion.
L’étudiante voit le deuxième confinement lui couper l’herbe sous le pied. Mais il en faut plus pour l’arrêter ! Elle propose à d’autres jeunes de venir se confiner au prieuré d’Attichy et d’y mener une petite mission locale. « Nous sommes réunis au nom de notre foi à Attichy, c’est génial ! » s’enthousiasme-t-elle. La plupart des jeunes suivent leur cours en visio. Ils prient ensemble les laudes et les complies, partagent les tâches quotidiennes des courses, repas, ménage etc…Ils assurent une permanence dans l’église entre 17h et 19h pour accueillir les gens et réciter le chapelet (maximum 6 personnes, comme demandé par la mairie). Ils ont disposé devant le prieuré un panneau pour expliquer leur présence, une petite table avec des paroles de la Bible, une citation, des bougies pour des intentions. Ils préparent et animent la messe dominicale diffusée à la paroisse et aux personnes proches de la mission Magdala. « Nous faisons de belles rencontres en nous promenant dans le village ou en fréquentant les petits commerces. Les gens commencent à nous connaître. Dès qu’on croise quelqu’un, on discute facilement. Nous allons régulièrement visiter des personnes isolées ici ou dans les autres villages de la paroisse. » Quelques rares visites leur sont autorisées en Ehpad, et le groupe devrait aller chanter sous les fenêtres des personnes âgées. Autre corde à leur arc, ils accueillent les prêtres qui le souhaitent pour venir « puiser dans la joie du prieuré ».
La suite du programme ? Difficile à anticiper puisque les autorisations changent d’un jour à l’autre. La Mission Magdala espère retourner à Chaumont-en-Vexin en décembre, rattraper ou commencer les missions prévues à Bresles, Breteuil et Berneuil en janvier-février. Rien n’est définitif. En attendant, elle prépare avec les frères Dominicains de la Sainte-Baume une tournée « Miséricorde et Mission » avec les reliques de sainte Marie-Madeleine dans toutes les cathédrales de Picardie (Beauvais, Senlis, Noyon, Soissons et Amiens) la semaine du mercredi des cendres.
L’Esprit souffle où il veut. Et on sent un sacré petit courant d’air frais en ce moment du côté d’Attichy.
Raphaelle Villemin, echo – décembre 2020