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Par admin at 10/07/2017 13:35 |
 

Victorine du Puy

1797-1884
Fondatrice de l'institut des Filles de la Compassion, Servantes du Seigneur.

Sommaire

Sa biographie

1- Une enfance insouciante
2- Un mariage, des décès
3- L'oeuvre de la "Bonne Mère"
4- Les religieuses
5- Les fondations
6- Les dernières années de la fondatrice
7-Fusion en 1969

> Sources

Sa règle de vie :

"partez semer la bonne
odeur du Christ dans la
personne des Pauvres".


"Etre des témoins
de l'Amour de Dieu
pour les petits,
les faibles, les méprisés
de la société"

 

Prière

"Notre mission est d'aller vers les autres. De montrer par nos vies que Dieu est compassion. En servant les petits et les pauvres sur les chemins tout simples de l'Incarnation." Hymne de la Compassion
 

En bref :

Mère Marie de la Compassion ( Victorine Petit des Tournelles née du Puy 1797-1884) fonde en 1844 un institut pour les prêtres âgés, les orphelines et les pauvres de la campagne.

Elle a dit :

- " Désormais, ma vie leur appartient, en les servant, je sers Celui qui m'a fait sentir les rigueurs de ses bontés…." 1851

- A ses filles: "partez, faites votre devoir gratuitement, servez les pauvres, respectez-les, ne manquez jamais d'égard envers eux quelque soit leur manière d'être avec vous."

- "J'ai pitié de cette foule."

- " Pour former des religieuses, il me fallait des moyens que je n'avais pas, j'ai dû me servir de ceux que Dieu m'a donnés. Il me manquait un supérieur, une direction, une autorité."

- "...Je ne suis pas sans courage. A qui le dois-je ? A vous, mon Jésus, qui m'envoyez, quand c'est nécessaire, à moi, ignorante, les éclairs de vos lumières et me soutenez de votre force. Sans cela que ferai-je ? Il me faudrait tout abandonner et gémir ; mais non, mon Dieu. Je vais de nouveau mettre en œuvre mes faibles moyens, ne cesser de faire de mon mieux et vous ferez le reste comme toujours. Je me repose sur Vous, o mon Dieu." 1852

- En 1851 elle écrit "16 juin, quels souvenirs hier ! Il y a vingt ans que l'événement le plus douloureux de ma vie m'a ramenée à Domfront. C'est au jour même de cette angoisse la plus cuisante, le jour même du 15 juin 1831, où Dieu m'enlevait ce que j'avais de plus cher au monde : une enfant accomplie, que, dans la torture de mon âme, je formais le dessein de me rattacher aux malheureux, de devenir mère par adoption des pauvres. Les enfants de Dieu seront les miens, puisqu'il m'a enlevé la fille qu'il m'avait donnée et qui avait fait ma joie, ma consolation pendant près de 11 ans : 10 ans, 11 mois et 28 jours ! Je réalisais ce projet dix ans plus tard... Depuis ma vie leur (pauvres) appartient ; en les servant, je sers Celui qui m'a fait sentir la rigueur de ses bontés, Celui de qui tout dépend et à qui tout appartient."

- Elle disait à ses filles "La bonne volonté est tellement nécessaire que sans elle, aucun bien n'est possible... Nous devons également respecter les pauvres comme les membres du divin Sauveur, ne jamais manquer d'égards et de politesse envers eux, quelle que soit leur manière d'être avec nous…".

Ils ont dit d'elle :

- "… Personnage timide, et très féminin, un tantinet romantique et pourtant à Dieu et au prochain." Mgr Roeder, évêque de Beauvais
- " Ce qu'on ne saurait jamais assez dire, c'est combien en prenant l'habit religieux, elle resta attachée à sa famille, comme sainte Chantal à la sienne, lui prodiguant les preuves de dévouement et d'affection ? Ses neveux et nièces étaient très nombreux, tant de son côté que de celui de son mari ; c'était son bonheur de les recevoir pendant les vacances. Elle le faisait avant d'être religieuse, elle le continua après ; et c'était un spectacle très touchant de la voir matin et soir présider, avec sa bonté et se grâce naturelle, la table de famille, toujours très nombreuse, et retourner ensuite à ses malades et à a ses filles. Il y avait place pour tous dans ce cœur si large, si aimant, si compatissant... Je la vois encore à ma première communion... Je la vois au mariage de ma sœur... Mais surtout c'est dans la malheur qu'elle accourait ou qu'elle donnait de sa tendresse." un de ses nombreux petits-neveux

- Un jour d'août 1882, le général de Charrette visite la maison et dit "sa satisfaction de constater qu'en France, il y a non seulement de braves soldats mais aussi de vaillantes guerrières de l'armée du Christ."

- "Sur toutes las autres il y a les saintes. Telle cette sainte chrétienne que, il y aura demain soixante ans, je vis, à Domfront, convertir la maison et la grande usine que venait de lui léguer son mari très cher, en un hôpital de malades. Là on la vit elle-même se dévouer à leur service, durant sa longue existence..." Mgr Baunard, ancien recteur de l'université catholique de Lille.

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1- Une enfance insouciante

Victorine naît le 07 février 1797 à Montdidier.

Son père Jean du Puy, né en 1766 dans le Limousin, est monté à Montdidier à l'appel de sa tante, la comtesse de Louvencourt, qui, devenue veuve, désire auprès d'elle la présence d'un homme jeune et actif pour la conduite de ses affaires. Elle possède alors le château et les terres de Domfront et de ses alentours. Jean commence ainsi une vie de gentilhomme campagnard, gérant au mieux les intérêts de sa tante et les siens propres. Il épouse en 1793 Louise d'Origny originaire de Péronne.

Victorine aura pour compagnons de jeux deux frères : Théophile et Raymond qui décède encore nourrisson et quatre sœurs : Denise, Anne, Rodolphine et Octavie.
Au décès de Madame de Louvencourt, Jean est légataire de tous ses biens, meubles et immeubles, parmi lesquels se trouve le domaine de Domfront.
L'existence de la famille du Puy se partage donc entre Montdidier et Domfront. Montdidier où se déroule une vie mondaine, on y reçoit beaucoup. Domfront c'est, pour Victorine, la vie exubérante, les courses et les jeux dans les bois et la campagne environnante. Elle restera toute sa vie très attachée à Domfront.


2- Un mariage, des décès

 victorine-jeune.gifElle épouse le 21 janvier 1818 dans l'église du Saint-Sépulcre à Montdidier,
Alphonse Petit des Tournelles originaire de Soissons et présentement officier de cavalerie. Le jeune ménage s'installe à Soissons où son mari tient garnison. La bonne société de la ville s'ouvre largement à la jeune femme.
Un premier malheur s'abat sur elle : sa première fille, Céline, née la même année de son mariage décède à cinq mois.
Le 26 juin 1820 le jeune couple a la joie de voir naître à nouveau une seconde fille : Marie Céline ; mais leur joie est de courte durée ; M. Petit décède quelques mois plus tard. Victorine reste veuve à 23 ans avec un bébé de 4 mois.
Elle va trouver alors dans la foi et dans son amour maternel la force nécessaire pour surmonter son chagrin et sa solitude morale. Chagrin qui deviendra le 15 juin 1831 intolérable lorsque Céline, sa fille chérie, son bébé, décèdera dans sa douzième année.


3- L'oeuvre de la "Bonne Mère"

Réinstallée à Domfront entre son père et sa tante Jeanne, Madame Alphonse comme on l'appellera désormais ne reste pas inactive. Elle apprend à mieux connaître les paysans et peu à peu les aumônes qu'elle fait envers les plus pauvres dépassent la simple sympathie. Elle est frappée par la détresse et l'ignorance du monde rural qui l'entoure, par le délaissement des vieillards et l'abandon des enfants ; aussi "en vue de plaire à Dieu et d'accomplir sa sainte volonté, (elle) ouvre le 5 décembre (1841) dans le bâtiment construit pour une sucrerie par (son) père, un Asile pour les vieillards infirmes, malades, dépourvus de ressources." Elle accueille ainsi, chez elle, son premier pauvre, un SDF dirions-nous aujourd'hui et met pratiquement à contribution tout son personnel : cuisinière, femmes de ménage, intendant, régisseur, ouvriers du domaine. Certaines de ces femmes deviendront plus tard les premières Filles de la Compassion, toutes animées d'une profonde charité.
Un témoin relatant cette première entrevue avec SON pauvre s'écrie : " Madame Alphonse ne cessait de le contempler."
Et bientôt elle va mettre tout ce qu'elle possède en biens au service de son Œuvre.

Pendant la terrible épidémie de choléra de juillet 1849, le hasard veut qu'elle accueille chez elle, une enfant de Naours, près d'Amiens, Virginie Soirant. Par elle, elle prend, en plus, en charge, les Jeunes Filles orphelines pauvres. Virginie Soirant deviendra plus tard Sœur de la Compassion et première supérieure générale.

Au fil des mois, plusieurs femmes la rejoignent et bientôt c'est toute une communauté qui œuvrent pour les pauvres. Mais Victorine du Puy n'a pas de plan préconçu : elle se laisse conduire par les circonstances ; un esprit l'anime, un immense esprit de charité ; elle sera toujours docile à l'Esprit et à l'autorité ecclésiastique, en l'occurrence Mgr Gignoux. Ami lorsqu'il n'était encore que supérieur du séminaire, devenu évêque, il est le guide. Victorine est d'ailleurs sa fille spirituelle ; il montre une sollicitude constante pour la fondatrice et son œuvre, lui prodiguant une affection délicate et lui témoignant une grande confiance.

En 1850, une notice présente la maison : "Aujourd'hui, des chambres d'une propreté remarquable renferment vingt vieillards, trente vieilles femmes, vingt-cinq jeunes filles, la plupart orphelines, et dix surveillantes, en tout quatre vingt personnes."

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4- Les religieuses

<< Mgr Gignoux, tout en restant le père spirituel, avait remis le soin de Domfront entre les mains du chanoine Ozouf >>
père ozouf.jpgLe Père Ozouf est né à Beauvais en 1797. D'abord principal du collège d'Amiens, il est ordonné prêtre à Beauvais en 1850, nommé missionnaire apostolique, puis chanoine honoraire en 1851 par Mgr Gignoux qui le nomme à Domfront en gage de la confiance qu'il lui accorde. Il meurt à Domfront en 1872 assisté de l'abbé Claverie, fondateur de l'archiconfrérie de Saint-Joseph à Beauvais.
Le Père Ozouf a rapidement le titre et les fonctions de supérieur délégué de la communauté religieuse naissante. Mgr Gignoux d'ailleurs invite doucement et avec patience Madame Alphonse a prendre en main la formation religieuse de ses filles et à organiser avec elles une sorte de noviciat. C'est ainsi que le 14 octobre 1854, en la fête de sainte Angadrême, patronne de Beauvais, il reconnaît l'existence de la communauté religieuse et les premières des Filles de la Compassion, Servante du Seigneur : "Nous avons lu attentivement, revu et examiné avec soin tous les chapitres de votre règle et du directoire qui en est le complément. Nous les avons approuvés, comme par ces présentes nous les approuvons et les déclarons lois de votre congrégation" et place cette jeune communauté sous les hospices de la Très Sainte Vierge honorée dans sa Compassion.

Le but de "la petite communauté des Filles de la Compassion, servantes du Seigneur" est précis :
elle est destinée aux prêtres infirmes, aux orphelines, aux vieillards hommes et femmes, et particulièrement au soulagement spirituel et corporel des pauvres de la campagne.

Le 29 août 1855 l'Empereur Napoléon III signe le décret concernant la reconnaissance légale de la Congrégation ainsi que l'œuvre et l'acceptation de la donation des biens de la Fondatrice à sa Congrégation.

Les règles et les constitutions, complétés par le R.P. Cotel, de la Compagnie de Jésus sont approuvées et publiées par un Mandement épiscopal le 11 avril 1862, en la fête de la Compassion de la Sainte Vierge ; Victorine devient Sœur Marie de la Compassions, première Supérieure de la Congrégation.

Ensuite les fondations ne vont pas manquer, ni les vocations. Au cours des années 1870-1874 on compte 33 entrées et autant de professions.

Ses filles sont gardes-malades à domicile, présentes dans les petits hospices de campagne, les hôpitaux, les ouvroirs, les infirmeries militaires en 1870, sur Dury les Amiens et Compiègne avec le docteur Fournier Sarlovèze en 1914.

La Croix de Guerre, la Médaille des épidémies, les Citations avec palmes, la Reconnaissance française seront la récompense officielle du dévouement des Filles de la Compassion durant la Grande Guerre.


5- Les fondations

· Compiègne - 1855 - création d'un ouvroir pour jeunes filles dans la paroisse St Jacques. L'établissement connaît sa pleine prospérité lorsque sœur Marie des Anges en est nommée supérieure en 1860. En quelques années s'organisent une école maternelle, une école primaire, les visites aux malades à domicile, une maison de retraite pour les dames âgées ou infirmes et encore plus tard un dispensaire. En 1905 avec la séparation de l'Eglise et de l'état, l'établissement scolaire devient le "cours Sévigné", la Maison de la Compassion devenant maison de retraite. Après la guerre, le Cours Sévigné revient à la Compassion qui s'installe au 20 rue de la Sous-préfecture. En 1957, les sœurs de la Compassion reprennent " l'externat St Jacques". Bientôt les deux écoles fusionnent et forment encore de nos jours l'Institution Sévigné.

· Noyon - visite et soin des pauvres à domicile - En 1866, lors de l'épidémie de typhus, par leur dévouement inlassable durant cette terrible épidémie elles mériteront le surnom de "Zouaves de la charité." En 1870 la communauté compte douze religieuses.

· Pierrefonds - 1855 - C'est à la demande des habitants que les sœurs s'établissent pour le soin des malades, des pauvres et l'instruction des enfants avec l'ouverture d'une école et d'un asile.

· Chaumont en Vexin - en 1861 la comtesse de Bréda fait abandon, entier et gratuit du prieuré, de la chapelle et du cimetière le tout lui appartenant, à la Compassion de Domfront sous réserve que celle-ci y établisse une maison de retraite pour les vieillards des deux sexes.
Mère Marie des Anges >>  
y décède le 30 mai 1919 dans sa soixante dix-neuvième année.

· Bruxelles - Pendant la guerre de 1870, des sœurs se réfugient à Bruxelles où leur dévouement s'exerce auprès des typhiques. Le Cardinal de Malines les honora tout particulièrement de sa particulière bienveillance.

· Beauvais. En 1872, une petite maison de retraite ouvre à Beauvais, 1 rue St Paul. Puis les sœurs s'installent 8 rue de Beaumanoir dans la maison qu'a légué Mgr Millière et prend le nom de "Maison St-Charles" mais le bâtiment est détruit pendant le bombardement de Beauvais en mai 1940. Après la guerre l'abbé Devimeux propose sa petite maison sise au 59 rue d'Amiens pour que des sœurs puissent s'y installer. Restaurée, agrandie, modernisée, les sœurs, suite à une convention passée avec la DASS en 1972, laisseront la place en août 1978 à Mlle Cottin qui prend la direction de cette maison.

· Montmirail - La duchesse de la Rochefoucauld, en souvenir de sa fille Marguerite décédée jeune, obtient des sœurs pour le soin des malades de la ville.

· Château-thierry - visite et soin aux malades à la demande du maire de la ville.

6- Les dernières années de la fondatrice

Pendant l'été 1879 sa santé s'altère ; l'année 1884 commence mal ; Mgr Millière, venu à Domfront pour les vœux de nouvel an, lui administre les derniers sacrements. Elle se rétablit pourtant mais vit désormais dans une demi retraite, remettant à sœur Marie des Anges le soin de diriger la congrégation.
Le 7 février 1887, la bonne Mère atteint ses 90 ans ! Elle entre dans la légende. Son rôle se bornera désormais à souffrir et à beaucoup prier. Elle s'éteint doucement le 16 décembre 1889.
Elle repose auprès de M. Ozouf, dans le caveau creusé sous le maître-autel de la chapelle.

Le 26 juillet 1904, à la suite de démarches entreprises par Mgr Douais, évêque de Beauvais, le Saint-Siège approuve l'institut. Deux ans plus tard, le pape Pie X ajoute à la première approbation celle des Constitutions. L'oeuvre est parachevée.

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7- Fusion en 1969

Vatican II demande aux Congrégations de s'unir pour Celles qui le sentent nécessaire. En 1969 c'est la fusion avec la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Compassion de Toulouse fondée par le
<< Père Matthieu Carrigou qui voulait que les sœurs soient dans l'Eglise "des femmes apostoliques, des glaneuses dans les champs du Père pour faire, tout doucement et sans bruit, les œuvres que les autres institutions ne sont pas appelées à faire".

maison "La compassion",
à Domfront >>

Aujourd'hui la Congrégation est présente en France, en Espagne, au Cameroun, en Colombie, en Argentine, au Venezuela et au Pérou.

 

 

 

> Sources

- Sœur Gisèle : résumés dactylographiés de la vie de Victorine du Puy et des fondations dans le diocèse de Beauvais

- Différents fascicules : les Sœurs de Notre-Dame de la Compassion ou une expression de l'Amour de Dieu ; les établissements scolaires en France des Sœurs Notre-Dame de la Compassion.
- Notice sur les Filles de la Compassion, Servantes du Seigneur de Domfront la Compassion : diocèse de Beauvais
- Henri Peltier : consolatrice des affligés, la Révérende Mère Marie de la Compassion
- Mgr Baunard : le vieillard, la vie montante, pensées du soir.