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Par admin at 10/07/2017 13:35 |
 

Panégyrique Sainte Jeanne d’Arc

Panégyrique prononcé par Mgr Jacques Benoit-Gonnin le samedi 24 mai 2014 en la cathédrale de Rouen

N’y-a-t-il pas quelques étrangeté à ce que l’évêque actuel de Beauvais vienne prononcer le panégyrique de Jeanne d’Arc, alors qu’un de ses lointains prédécesseurs en fut le Juge et celui qui en organisa la condamnation ? Aussi bien, je veux commencer cette intervention, en remerciant Mgr Jean-Charles Descubes, pour le risque qu’il a pris en m’invitant.

Certes, il serait possible de m’excuser en rappelant que Pierre Cauchon, un de mes lointains prédécesseurs, n’a pas laissé un heureux souvenir en Beauvaisis, où il fut mal accueilli, et où il résida fort peu. Mais ce n’est pas l’attitude que je voudrais d’abord choisir.

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, et sans vouloir le réhabiliter (!), avant d’en venir à Jeanne, je voudrais réclamer quelque indulgence envers celui qui porte l’opprobre habituelle des Français. Pour le faire, (car je ne suis pas historien), je voudrais emprunter quelques réflexions à Jean Favier, Universitaire et membre de l’Institut, qui commit un ouvrage de référence1 :

« Pierre Cauchon est un chrétien, c’est un évêque. Il n’a cessé d’être l’homme de ses engagements. Il n’est le serviteur de l’Anglais que parce que le parti des réformes devenu le parti de Bourgogne aurait sombré sans l’Anglais. C’est un partisan, il a fait carrière, mais pas moins dignement que tant d’autres qui ont multiplié les rôles de suppliques pour être chanoines ou qui ont bien joué aux conciles pour finir cardinauxCe que cette carrière rémunère, c’est une fidélité, non une bassesse.Nul ne peut douter de la foi ou de la moralité de maître Pierre Cauchon. Elles valent bien celles des chrétiens qui s’accommodaient du Grand Schisme, des grands de ce monde et des gestionnaires du Royaume qui dilapidaient l’argent du contribuable, des hommes d’affaires qui spéculaient sur la monnaie du roi et donc sur la bourse du pauvre peuple. »2

Ceci étant dit, je ne vous cacherais que je reste très sévère vis-à-vis du personnage, en raison même de sa façon de faire comme juge. La fin a justifié les moyens. Il s’agissait d’obtenir la condamnation et l’exécution de Jeanne voulue par l’Anglais. Pierre Cauchon a su concevoir et mettre en œuvre les moyens, y compris les pièges et manipulations pour y parvenir. Pour habile négociateur qu’il fut en diverses circonstances, pour fidèle à ses choix qu’il fut, en une période mouvementée, il n’en est pas moins un juge dévoué au pouvoir politique, partial, au final inique. C’est le pire qu’on puisse dire sur un juge.

Certes, il est facile de juger et condamner quelqu’un, hors des situations complexes dans lesquelles il a dû discerner et agir… à postériori,… et alors que la fin de l’histoire est connue… Mais, parce que l’histoire doit nous enseigner, pour détourner mon regard du juge et le tourner la victime, je voudrais demander à Jeanne de nous obtenir de ne pas faillir dans les charges et à les missions qui nous sont confiées.

Mais avançons ! Avec vous, aujourd’hui, je voudrais trouver encore en Jeanne, une occasion de nous réjouir, de reprendre espoir dans les fatigues que nous pouvons connaître, de retrouver le courage et la fierté de vivre notre foi au Dieu de Jésus Christ, sans la séparer du service de notre Pays et de la société dans laquelle nous vivons. Car il y cet étrange phénomène au contact avec Jeanne la Pucelle, qu’elle ne laisse pas indifférent. Mieux, si elle intrigue, émeut, attriste, au final elle redonne courage et espérance.

Je voudrais commencer par vous partager une lointain, mais vif souvenir personnel, qui m’est revenu en préparant cette intervention.

J’étais à l’école primaire, dans la commune de mon Pays de Gex natal. La maitresse, nous faisait un cours d’histoire et nous parlait de Jeanne. Elle en arriva à la fin de l’histoire, et nous raconta la condamnation,… et le bûcher. Je ressens encore l’atmosphère attentive et grave de cet instant. Puis, elle posa cette question étonnante : « savez-vous quelles ont été les dernières paroles de Jeanne d’Arc ? » Plus tard, je me suis étonné de cette question posée par cette maîtresse estimée, redoutée,… de l’école laïque de la commune. Et je m’entends encore répondre, ce que les témoins du supplice nous ont rapporté : « Jésus ! » Je ne saurais dire comment je l’avais appris… mais la question comme la réponse, en ce cadre scolaire laïc, me semblent traduire ce pouvoir de rassemblement que la personne de Jeanne savait mettre en œuvre encore à cette époque-là. Cri extraordinaire (que ce : « Jésus ») qui ne concluait pas tragiquement l’histoire d’une condamnée, mais lui exprimait ses dimensions à la fois humaine et spirituelle. Par son cri, cette jeune femme, brûlée vive pour soit disant rechute dans l’hérésie, en fait par obéissance à ses voix et à Dieu, signait de souffrance et d’amour, les derniers instants de sa vie terrestre. Comme le Christ en croix recueillait tout son ministère pour l’offrir à son Père pour le salut du monde, Jeanne remettait son épopée à Jésus pour qu’elle produise, au-delà de sa mort, tout son fruit pour l’avenir de son Pays. En ce dernier cri, Jeanne exprimait sa foi et son amour ; elle exprimait aussi son espérance et la semait dans le cœur de ceux qui l’avaient entendue.

C’est avec ces trois vertus que je voudrais cheminer avec vous, quelques instants. Avec ce souhait dont je demande à Jeanne qu’elle en obtienne l’exhaussement, que nous puissions repartir de ce lieu, renouvelés dans la foi, l’espérance et la charité, puisées aux mêmes sources qu’elle, afin d’en vivre et témoigner dans le temps que Dieu nous confie.

LA FOI de JEANNE

Les dépositions de Jeanne, comme les témoignages qui ont été portés sur elle, ne cessent de le rappeler. Jeanne croyait en Dieu.

Sa foi s’enracinait d’abord dans l’éducation reçue et dans la prière vécue. Sa Mère, Isabelle Romée avait joué un rôle de premier ordre dans son éducation chrétienne. D’elle, Jeanne avait appris ses prières. Durant son enfance, souvent on la voyait prier, et parfois ses camarades l’en moquaient. Un témoignage reçu lors du procès en nullité (1456) dit d’elle : « une bonne et sainte fille, pieuse, bien élevée, craignant Dieu … Jeannette connaissait sa croyance, Notre Père, Ave Maria, comme le savent les fillettes de son âge … Jeannette allait souvent à l’église et à l’Ermitage de Notre-Dame de Bermont près de la ville de Domrémy » « Quand elle entendait sonner la messe et qu’elle était aux champs, elle s’en venait à la ville et à l’église pour entendre la messe, comme je l’ai vu faire. » 3Quand elle entend ses voix, vers 13 ans, elle a « la révélation de Notre-Seigneur. » Elle dit avoir voulu y croire (« j’eus volonté d’y croire »).

Mais prier, pour Jeanne, ne fut pas seulement une activité d’enfant que les affaires adultes réduiraient à peau de chagrin : « embarquée » dans l’obéissance à ses voix, Jeanne priait souvent,… même avant les combats, ou encore avant quelque décision délicate à prendre (comme celle de savoir s’il fallait cesser le combat comme le voulait Dunois devant Orléans ou continuer). Dunois témoigne : « il n’y avait guère espoir de victoire ce jour-là… la Pucelle vint à moi, et me requit d’attendre encore un peu. Elle-même, à ce moment-là, monta à cheval et se retira seule en une vigne, assez loin de la foule des hommes ; et dans cette vigne, elle resta en oraison l’espace de la moitié d’un quart d’heure ; puis elle revint de cet endroit, saisit aussitôt son étendard en main, et se plaça sur le rebord du fossé, et aussitôt qu’elle fut là, les Anglais frémirent et furent terrifiés. »4

Sa foi la conduit à se donner à Dieu et à se rendre disponible à sa volonté. Sa foi et sa droiture d’âme et d’intention s’incarnent dans l’engagement de virginité qu’elle fait à ce moment : « la première fois que j’ouïs la voix, je vouai ma virginité pour la garder tant qu’il plairait à Dieu »5Son « oui » est « oui » ! « Puisque Dieu le commandait, il convenait de le faire »… « Puisque Dieu le commandait, eussé-je eu cent pères et cent mères, et eussé-je été fille de roi, je serais partie »6exprimera-t-elle à plusieurs reprises, durant son procès.

Son attitude ne peut-elle pas nous toucher en notre temps tellement suspicieux, hésitant, compliqué ?

La foi deJeanne s’exprimait également par les sacrements. Elle entendait la messe, comme on disait à cette époque. Elle l’entendait souvent, même en semaine. Lorsque son procès commencera, elle demandera à pouvoir l’entendre, mais l’Evêque Cauchon le lui refusera. En revanche, bien que condamnée comme relaps (donc hérétique obstinée), elle obtiendra du même évêque permission de communier !

De même, Jeanne se confessait souvent, et demanda au Juge Cauchon de l’entendre en confession (ce qu’il refusa légitimement) ! Au jour de sa mort, elle fut entendue en confession par le frère prêcheur, Martin Ladvenu.

Rien ne permet de penser que Jeanne allait à la messe et se confessait, par convention ou par obligation ! Les sacrements étaient pour elle, expression et « modalité » de sa foi en Jésus, et en la Trinité. Ils nourrissaient et fécondaient sa vie.

Ainsi la foi de Jeanne apparaît comme le socle, « le rocher » sur lesquels étaient bâties sa vie et son action. Une des expressions récurrente de Jeanne était « n’ayez doute »7 que complétait cette autre affirmation humble et lucide, donnée au juge : «  N’était la grâce de Dieu, je ne saurais rien faire »8

Bref, ce serait se priver d’une clé importante de compréhension de l’histoire de Jeanne et de sa fécondité, que de faire l’impasse sur sa foi : foi d’enfant, foi d’adulte, foi nourrie, foi tenue jusque dans le supplice final.

Au point où nous sommes rendus, ne pouvons-nous pas implorer Jeanne qu’elle nous aide à affermir notre foi, à la nourrir de bonnes nourritures, et à en assumer les conséquences dans tous les domaines de notre vie, quelles que soient les circonstances ?

LA CHARITE de JEANNE

Pour une large part, l’amour de Jeanne recouvre sa foi en Dieu. C’est un amour de charité qui s’enracine dans sa foi. Car la foi de Jeanne, si elle semble simple dans ses formes, n’en est pas pour autant formelle, ni superficielle. Jeanne aime son Dieu, elle fait confiance à ses saints (St Michel, Ste Catherine et Ste Marguerite) avec lesquels elle chemine, de qui elle attend les clartés dont elle a besoin… En Jeanne, comme le dit l’Ecriture : « la foi travaille par la charité »(Gal.5,6)

La foi de Jeanne s’exprime dans cette estime qu’elle a pour son semblable. Qu’il s’agisse de ses parents, des nobles par lesquels elle accepte de passer alors même qu’ils doutent d’elle ou la trompe ; qu’il s’agisse du Dauphin, souvent indécis quand il n’est pas pusillanime, Jeanne aime.

Sa foi s’incarne dans son amour pour l’Eglise, malgré les faiblesses et les vices de ses membres. Une attitude si étonnante ne pourrait-elle pas encore nous enseigner ? Jeanne n’est-elle pas jugée par un aréopage d’ecclésiastiques multipliant les questions retorses ? Elle répond, parfois sèchement, mais elle continue à aimer l’Eglise ; à faire cette distinction fondamentale, entre l’Eglise et les hommes par lesquels Dieu la conduit : « Croyez-vous que vous soyez sujette de l’Eglise qui est sur terre, lui demande Cauchon, c’est à savoir notre St Père le pape, les cardinaux, archevêques, évêques et autres prélats d’Eglise ? – Oui, Notre Sire premier servi »,répond Jeanne. Et cette autre répartie que nous devrions toujours garder présente à l’esprit :« M’est avis que c’est tout un de Notre Seigneur et de l’Eglise, et que l’on n’en doit point faire de difficulté. Pourquoi fait-on difficulté que ce soit tout un ? » Ainsi, notons le bien, si une grande distance peut séparer les serviteurs de l’Eglise et l’Eglise, il ne faut point en introduire entre l’Eglise et le Christ qui est sa tête !

Chez Jeanne, l’amour est libre et passionné : il n’est pas servile quand il est humble et respectueux des hiérarchies.

Cet amour est « droit » qui sait dire les choses et ne s’encombre pas à des « circonlocutions » pour exprimer ce qui doit être fait. Je n’en retiens qu’un témoignage dans sa relation avec son Juge. Elle répond simplement, directement, s’indigne de ce qu’on veut la faire tant de fois prêter serment, mais elle ne passera pas les bornes dont les deux principales, dans l’amour, sont la justice et la vérité. Il s’agit d’un amour vif, simple, droit, pur…

Comme sa foi, l’amour dont Jeanne aime est renoncement à soi, et engagement dans sa mission, jusqu’au bout. On a suffisamment mentionné le caractère « surréaliste » de ses démarches auprès de Robert de Beaudricourt, puis du Dauphin Charles. On a suffisamment relevé cette assurance, que cette jeune femme, de modeste extraction, manifestait devant ces nobles et tous ces soldats. … Et face à ses juges, ses gardiens, ses bourreaux, elle ne changera pas. Elle pourra être fragile, elle manifestera des signes de lassitude, voire de découragement, mais au final, elle demeurera ferme sur l’essentiel, sur sa fidélité envers Dieu et l’Eglise, envers ses voix, son Roi, sa mission…

Comment ne pas voir dans ses derniers jours et dans son supplice, comme un vibrant écho de la passion de Celui qu’elle invoque : « Jésus » ? Comme il avait dit « Père, s’il est possible que cette coupe s’éloigne de moi, mais non ce que je veux, mais ce que tu veux » (Luc 22, 42), Jeanne avoue ne pas « volontiers » envisager la mort, mais l’accepter si telle est la volonté de Celui aux ordres duquel elle s’est placée et veut servir jusqu’à la fin.

Dans l’amour qu’elle a pour son Dieu, Jeanne sait aimer ceux vers lesquels elle est envoyée, qu’elle doit convaincre, qu’elle doit combattre… Toute à sa mission, elle aime comme devraient aimer les chrétiens : en puisant dans l’amour dont ils sont aimés par Dieu l’amour dont ils doivent aimer leurs semblables ; en aimant jusqu’au bout…

Je voudrais achever en visant un aspect singulier de l’amour dont aime Jeanne. Elle n’agit pas seule. Elle ne cherche pas à être une « personnalité » qui attirerait les projecteurs sur elle… Si elle l’avait voulu, elle aurait conservé l’habit féminin qui l’aurait bien distinguée des soldats au milieu desquels elle vivait.

Pouvons-nous nous interroger sur la forme de notre amour, et de nos engagements ? Savent-ils faire leur place à d’autres personnes, à d’autres manières de faire que celles auxquelles nous sommes habitués… (« On a toujours fait comme ça ! »)

L’ESPERANCE de JEANNE

Cette espérance a ceci de particulier, qu’elle n’est pas seulement celle dont Jeanne est habitée, mais aussi celle qu’elle sait susciter chez les autres.

En Jeanne, et ça n’est pas étonnant, l’espérance est indissociable de la foi et de la charité. Même la souffrance ne la submerge pas totalement, même aux heures sombres et à l’approche de la fin. Parmi d’autres illustrations, rappelons cet échange avec Jean de la Fontaine qui l’interroge, après son arrestation :

– Depuis que tes voix t’ont dit que tu iras en la fin au Royaume de Paradis, vous tenez-vous pour assurée d’être sauvée et de ne point être damnée en enfer ? – Je crois fermement ce que mes voix m’ont dit, que je serai sauvée, aussi fermement que si j’y étais déjà, répond-elle. – Cette réponse est de grand poids, reprend Jean de la Fontaines. – Aussi je la tiens pour un grand trésor… conclue-elle.

On comprend mieux la fascination admirative de Péguy pour Jeanne. Elle personnifie « la petite espérance ».

Mais Jeanne n’a pas seulement espéré pour elle-même. Elle a redonné espoir à un pays qui l’avait perdu.Elle en fut un ferment pour ceux qui l’avaient suivie.En un peu plus d’une année, entre son départ de Domrémy (février 1429) et son attestation (mai 1430), l’espoir a changé de camp. Même son arrestation, son procès, sa condamnation et toute la communication qui s’en suivit auprès des princes de l’époque n’y ont rien fait : le passage de Jeanne a profondément changé le cours des événements et la destinée du Royaume de France.

Quand elle parait, si elle suscite l’étonnement, la moquerie… sa simplicité, sa fermeté, son « authenticité », lui ouvrent progressivement les portes et les oreilles de ses interlocuteurs. Elle manifeste un « charisme » tel que les êtres les plus rudes en viennent à lui faire confiance. J’ai déjà rapporté le témoignage de Dunois sur l’effet produit par Jeanne brandissant sa bannière, après un temps de prière, alors qu’il voulait faire cesser le combat.

Il y a ce quelque chose en Jeanne qui touche profondément et relève mystérieusement. Cette petite paysanne confiante en ses voix, se retrouve à rassembler ce qui ne cessait pas de se déliter, et de partir en ruines ; elle se retrouve à redonner confiance à des « peuples » divisés qui ne savent plus s’entendre ; elle se retrouve à permettre et favoriser le relèvement et la reconstitution d’un Etat capable de remplir ses fonctions majeures, et d’abord le service de l’unité… Elle est bien une « personne, enfoncée en pleine pâte humaine, et capable de faire lever les possibilités que la foule porte en elle… Certains ont relevé ce qu’il y avait d’étonnant à ce que la simple présence de Jeanne a pu révéler un peuple à lui-même et cristalliser autour d’elle des énergies qui s’ignoraient… »9

Il y a en Jeanne quelque chose qui nous attire et nous laisse désemparé : c’est qu’une œuvre aussi grande puisse être engagée sur un tel champ de misères menée sans l’initiative et l’entremise première de ceux dont on aurait pu l’attendre. Toute l’énergie que Jeanne devra dépenser pour convaincre un Dauphin hésitant, toute la force de caractère qu’elle devra manifester pour s’imposer et imposer son point de vue aux capitaines et autres hommes d’armes laissent pantois… mais la cause avance et la victoire est comme scellée dans l’apparente et immédiate défaite du Bucher. Jeanne nous montre tout à la fois que la victoire est donnée, mais que les épreuves ne sont pas épargnées, et que l’engagement personnel est nécessaire.

En ces temps où nous vivons, Jeanne demeure un bel exemple pour notre responsabilité et la confiance que nous pouvons toujours mettre en Celui qui nous ayant appelés, nous demande de Lui faire confiance. Jeanne nous invite tout à la fois, à mettre notre confiance en Dieu, à discerner sa volonté en nos vies, à nous engager généreusement, à ne pas avancer seuls, et à voir au-delà des fruits immédiats portés par notre action.

Nous entendons Jeanne nous dire encore : « « agissez et Dieu agira »10

+ Jacques Benoit-Gonnin,

Evêque de Beauvais, Noyon et Senlis

1 Jean Favier « Pierre Cauchon, comment on devient le juge de Jeanne d’Arc » Fayard 2010

2 Op. cité p. 374

3 Régine Pernoud « la spiritualité de Jeanne d’Arc Mame 1992, p. 89

4 Op. cité p.169

5 Op. cité p.168

 6 Op. cité p.167

7 Op. cité p.166

8 Op. cité p.167

9 Régine Pernoud, op. cité

10 Op. cité p.168